Carine Bovey | Dirty corner

Dirty corner


  • 31 mar


  • Marie-Carine Favre

Dirty Corner © Carine Bovey

En 2015, Anish Kapoor est l’invité de l’exposition annuelle Versailles Art contemporain. Comme pour l’un de ses prédécesseurs, Jeff Koons, le contraste entre les oeuvres d’art modernes et l’architecture des monuments historiques n’est pas du goût de tout le monde. C’est un tunnel de 60 mètres dans le jardin de Versailles qui s’ouvre en direction du château. Cette trompe d’acier rouillé partiellement recouverte de terre sablonneuse, entourée de rochers parsemés vers son ouverture, attire les visiteurs. Surnommée le ”Vagin de la Reine”, Dirty Corner, la sculpture abstraite aux connotations sexuelles, suscite la controverse. Pour les conservateurs, il s’agit d’un outrage à la France, considérant la sculpture obscène et l’intrusion des idées d’un artiste étranger sur la pelouse du parc royal inappropriée. L’oeuvre est maculée de peinture puis, une seconde fois, durant la nuit du 5 septembre 2015, souillée d’inscriptions royalistes et antisémites. L’artiste britannique d’origine indienne et irakienne décide de ne pas faire retirer ces inscriptions qu’il estime plus politique que racistes, car elles témoignent du climat d’intolérance qui perdure malheureusement en France chez une minorité de personnes pour qui tout acte artistique est une mise en danger d’un passé sacralisé à l’extrême. Le scandale autour de cette oeuvre a surtout été provoqué par le surnom dont elle fut affublée. En artiste éclairé, Anish kapoor en a profité pour attirer la lumière sur lui, comme il sait si bien le faire. L’homme a pour habitude de se servir des médias afin d’accroître sa notoriété atteignant ainsi un public non habitué au musée. En dernière date, l’acquisition exclusive des droits d’utilisation du Vantablack a des fins artistiques, l’a remis sous les feux des projecteurs.

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Dirty corner

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