Carine Bovey | Oeuvre d’art vivante

Oeuvre d’art vivante


  • 06 jun


  • Marie-Carine Favre

Eine art osmose, Daniel Cherbuin

Eine art osmose

Lorsque le film se fait sculpture et que le pop art prend vie, les frontières établies entre l’art vidéo et l’art traditionnel deviennent plus floues. La vidéo devient matière et crée une forme d’art avant-gardiste émanant des artistes Daniel Cherbuin et Marck.

Road to Road, Daniel Cherbuin

Road to Road

En entrant dans la galerie on ne peut rester indifférent devant les oeuvres colorées de l’artiste Zurichois Daniel Cherbuin. Dans Eine grössere art osmose et Eine Art Osmose (2016), l’oeuvre A bigger splash (1967) de David Hockney s’anime grâce à une vidéo intégrée dans le cadre, nous racontant l’histoire de ce fameux splash.  Plus loin, de célèbres sérigraphies de Roy Lichtenstein représentant des jeunes femmes prennent vie. Les verres de leurs lunettes de soleil sont substitués par une animation de battement de cils. L’artiste apporte ainsi une dimension nouvelle aux oeuvres faisant partie de notre iconographie quotidienne. Dans Road to Road (2011), une métaphore de la vie de couple est évoquée par l’intermédiaire de phylactères animés mettant en scène une route. A certains moments, les deux protagonistes prennent des chemins opposés. Le rapport entre la vidéo et Cherbuin n’est pas nouveau. A ces débuts, il était créatif chez Sputnik-TV, une chaîne zurichoise expérimentale issue de la techno underground. Cette expérience le mena entre autre à réaliser des clips pour les artistes Yello et Divison Kent ainsi qu’à collaborer avec Thomas Haemmerli pour des vidéos expérimentales. Ses films projetés lors de fêtes alternatives ont contribué à son arrivée sur le marché de l’art.

Untitled, Marck

Untitled

Art Student, Marck

Art Student

Au fond de la galerie, des flammes attirent mon attention. Une video de l’artiste Marck insérée dans un caisson montre une femme dont le corps vêtu d’une robe au motifs estivaux est en feu. De véritables flammes sortent du cadre, telle une prolongation de l’image, appuyant le désir de l’artiste à repousser les frontières des supports artistiques. L’artiste ne se contente pas de mélanger vidéo et sculpture en ajoutant de la combustion, il décuple l’action de l’image en la rendant encore plus sensorielle. L’action montrée dans la vidéo se matérialise, comme dans Art Student (2015), où l’on peut voir la fumée projetée hors de la bouche de l’étudiante sortir du cadre lorsque qu’elle la souffle. Le thème central de l’artiste est l’être humain et son ressenti. Sur une autre installation, Sexsells, on peut admirer le bas du corps délicieusement huilé de trois femmes allongées dans une véritable boîte à sardines. Pour Marck, la femme n’est pas le sujet principal de son oeuvre mais le protagoniste de son observation de notre société. Son but n’est pas d’apporter des réponses, mais de soulever d’autres questions.

Située au sein du Fairmont Le Montreux Palace, face au lac, la galerie offre un cadre exceptionnel pour les amoureux de l’art contemporain.

Sexsells, Marck

Sexsells

Daniel Cherbuin + Marck «The future might be a joke, what about the present?», jusqu’au 20 juillet.

Laurent Marthaler Contemporary
Avenue Claude Nobs 2
CH – 1820 Montreux
T + 41 21 963 11 22
info@ laurentmarthaler.com
www.laurentmarthaler.com

L’être et le néant, Daniel Cherbuin

L’être et le néant

Being and nothingness, Daniel Cherbuin

Being and nothingness

Le parfait, Daniel Cherbuin

Le parfait

LaurentMarthaler_DanielCherbuin1
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